Témoignage : de la loi de 2004 contre le voile et ses dommages

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Témoignage de Jihene, dans ''Les filles voilées parlent'', de Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, p. 40-43, La fabrique éditions :

''Quand j'ai fait mon entrée en terminale, la nouvelle loi était en vigueur. J'ai beaucoup parlé avec le proviseur pour (...) garder quelque chose sur les cheveux, mais il ne voulait rien entendre. (...) Il m'a proposé de garder mon bandana dans les couloirs, mais pas en classe ; j'ai accepté en me disant que c'était ma dernière année. (...) le 2ème jour, mon prof de mathématiques m'a virée parce qu'il voulait que je l'enlève avant le seuil de la porte. Il m'a fait sortir (...) en me criant dessus ''dégage!''. Pendant toute l'année, il ne m'a jamais appelé par mon prénom: il m'a toujours appelé ''mansour''.

(...) Je suis allée chez l'infirmière, pour lui dire (...) que j'en pleurais (...). Je lui ai dit que je me sentais humiliée (...) ne me sentais pas capable de travailler en toute sérénité dans ces conditions. L'infirmière m'a laissée parler, puis la seule chose qu'elle a su me dire, c'est que mon bandana ''posait problème'' parce qu'il restait ''trés significatif''. Elle m'a demandé de trouver un foulard en coton ''qui ne fasse pas oriental''. (...) j'ai donc mis un foulard bleu ciel ''latino-américain'', (...) mais toujours pas question de le garder en classe.

On a voulu m'interdire l'accès au cdi à cause de mon bandana, sous prétexte que les documentalistes sont considérées comme des enseignantes. Le même problème s'est posé en sport. À chaque fois, j'ai du parlementer pour être acceptée, changer de foulard, et même laisser dépasser quelques cheveux. Un jour, (...) pour faire signer un papier, (...) le CPE à exigé que j'enlève mon foulard avant d'entrer, parce que son bureau était ''sacré''!

(...) mon professeur principal (...) m'a répondu ''oui, mais il faut savoir qu'en enlevant ton foulard, tu rentres dans la normalité''. (...) j'ai vécu ce genre de problèmes pendant les 3 premiers mois, en me faisant virer à chaque fois en maths. (...) comme j'avais en plus accumulé du retard en étant virée plusieurs fois, je ne comprenais plus rien. (...) en sciences physiques (...) le professeur m'ignorait quand je posais des questions (...).

Il y avait juste une élève, une américaine, (...) qui me comprenait. Les autres s'en foutaient complètement. Ils me disaient ''qu'est ce que ça peut te faire d'enlever ton voile? Après tout, tu es beaucoup plus belle sans''. Ou bien ''ça soumet la femme au mari'' (...). Ils ne voyaient pas ma souffrance. J'ai compris que je ne devais compter que sur moi.''

Commentaires

Le problème est le suivant : on est en France, il y a des lois qui interdisent les signes religieux ostensibles à l'école. Cette jeune fille semble faire passer la loi de sa religion avant la loi de la république, c'est dommage, mais la loi de la république c'est la loi de la république. Si elle veut rester voilée pourquoi ne pas intégrer une école confessionnelle ? Musulmane d'abord bien sûr, mais même chez les catholiques elle pourrait garder son voile...

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